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Keja Ho Kramer
Matrix of the pixel
Mechanical Nights
Molecular Black
 

MATRIX OF THE PIXEL fr
By Keja Ho

If we keep the eyes open in a totally dark place, a certain sense of privation is experienced. The organ is abandoned to itself; it retires into itself. That stimulating and grateful contact is wanting by means which it is connected with the external world, and becomes part of a whole.
Goethe, Theory of Colours

The new video cameras while working in the dark re-create their own visual information.
A predominant black is no longer black, but an imitation of color, which compensates for the lack of light. This is expressed by the pixel, the smallest common denominator of the video medium; it is an information unit, a digital byte. The video Molecular Black by Keja Ho reveals this by filming in complete darkness; the teased pixels with no image to define in real darkness expose their colorful nature and become a dancing medium. Newly sensitized by this experiment to these tiny denominators of the image triggers curiosity to explore their boundaries. From random chaos in blackness where the color pixel is created by its own technology, color photography and light is added to stimulate a new layer of interaction. The pixel is an illusion of texture and color. It can appear larger, but when enlarged it multiplies by cloning, like a biological cell it will reproduce itself and form new visual information. The pixel is to video what the grain is to photography and by applying pixels to static photography reacts on the medium with a new layer.
The photographic narrative is used as the base to move into a pixel concept from likeness to abstraction. Piecing together the elements from the photographs by the association of similar shapes and colors the common factors accumulated to become different. The pixel becomes a proxy, which interacts and creates a new point of view on the narrative video medium.
Pixels individually are part of a whole, which can mould and move the image. The pixel has the power to give an emotional dimension to the image. Used like a medium it can activate a process or reaction with the other material it touches and creates the illusion of motion.
By thinking in these terms about video, and using the shapes and colors present in the photographs to weave through matching components, a visual rhythm will emerge from the static form; abstracting the linear narrative present out of a pixel concept.

Matrice du pixel

« En gardant les yeux ouverts dans un lieu totalement obscur, on éprouve un certain sentiment de privation. L’organe est abandonné à lui-même ; il se retire en lui-même. Il désire ce contact stimulant et gratifiant, par lequel il est connecté au monde extérieur et devient partie d’un tout.» Goethe, Traité des couleurs

Les nouvelles caméras vidéos, lorsqu’elles opèrent dans le noir, recréent leurs propres informations visuelles. Le noir dominant n’est plus noir mais devient une imitation de couleur, qui compense le manque de lumière. Cela est exprimé par le pixel, le plus petit dénominateur commun du médium vidéo : une unité d’information, un octet digital. La vidéo Molecular Black, réalisée par Keja Ho en 2006, révélait ce phénomène en filmant dans l’obscurité totale. Les pixels, excités par l’absence d’image à définir, y dévoilent leur nature chatoyante et deviennent une matière qui danse. Cette expérience a fait naître une nouvelle sensibilité pour ces infimes composants de l’image, et déclenché un désir d’en explorer les limites. Au chaos aléatoire de l’obscurité, d’où le pixel jaillissait par l’effet de sa propre technologie, on ajoute la photographie couleur et la lumière, pour alimenter et produire un nouveau stade d’interactions.
Le pixel est une illusion de texture et de couleur. Il peut être agrandi, mais il se démultiplie alors par clonage ; comme une cellule biologique il se reproduit lui-même et crée de nouvelles informations visuelles. Le pixel est à la vidéo ce que le grain est à la photographie, et en appliquant le pixel à la photographie statique, on produit sur le médium une réaction, une nouvelle dimension.
Le récit photographique est utilisé comme matériau de base pour accéder à une certaine idée du pixel, passant de la ressemblance à l’abstraction. Il relie les éléments constituant les photographies par l’association de formes et de couleurs voisines, tous les facteurs communs de l’image accumulés pour créer de la différence. Le pixel devient une sorte de relais, actif et créateur d’un nouveau point de vue sur la vidéo narrative.
Chaque pixel fait partie d’un tout qui façonne et anime l’image. Le pixel a le pouvoir de donner une dimension émotionnelle à l’image. Utilisé comme médium, il peut déclencher un processus ou une réaction de l’autre matériau qu’il touche, et créer l’illusion du mouvement.
En pensant ainsi à la vidéo, et en utilisant les formes et les couleurs présentes dans les photographies pour tracer un parcours à travers des éléments qui s’accordent et s’harmonisent, un rythme visuel surgira de la forme statique. On pourra ainsi, à partir d’une idée du pixel, faire basculer le présent narratif linéaire dans l’abstraction.

 

Just maybe